Pierre de Ronsard (1501-1563)
 

 

 

 

Amours de 1552-1553 (extraits)

CLXXXVIII
Quelle langueur ce beau front deshonore?
Quel voile obscur embrunit ce flambeau?
Quelle palleur despourpre ce sein beau,
Qui per à per combat avec l'Aurore?
Dieu medecin, si en toy vit encore
L'antique feu du Thessale arbrisseau,
Las, pren pitié de ce teint damoyseau,
Et son lis palle en oeilletz recolore.
Et toy Barbu, fidelle gardien
Du temple assis au champ Rhagusien,
Deflamme aussi le tison de ma vie:
S'il vit, je vy, s'il meurt je ne suis riens:
Car tant son ame à la mienne est unie,
Que ses destins seront suyvis des miens.


 
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