Maurice Scève (1501-1563)

Scève si haut son sonna
Sur l'une et l'autre rivière,
Qu'avecques son mont Fourvière
La France s'en étonna...

                                        
Pontus de Tyard

 

 

 

Délie (extraits)

A SA DÉLIE
L'Oeil trop ardent en mes jeunes erreurs
Le Naturant par ses haultes Idées
Ton doulx venin, grace tienne, me fit
Libre vivois en l'Avril de mon aage
Celle beaulté, qui embellit le Monde
Non de Paphos, delices de Cypris
Suave odeur : Mais le goust trop amer
De l'Occean l'Adultaire obstiné
Ce lyen d'or, raiz de toy mon Soleil
L'oeil, aultresfois ma joyeuse lumiere
Toy seule as fait, que ce vil Siecle avare
Plus tost seront Rhosne, & Saone desjoinctz
Qui se delecte à bien narrer histoires
Comme Hecaté tu me fëras errer
Voyant soubdain rougir la blanche neige
Ja deux Croissantz la Lune m'a monstré
Si doulcement le venin de tes yeulx
Si le soir pert toutes plaisantes fleurs
Ma face, angoisse à quiconques la voit
Si le desir, image de la chose
L'Aulbe estaingnoit Estoilles à foison
L'ardent desir du hault bien desiré
Fusse le moins de ma calamité
L'oysiveté des delicates plumes
Sur le matin, songeant profondement
De ces haultz Montz jettant sur toy ma veue
Si Apollo restrainct ses raiz dorez
A l'embrunir des heures tenebreuses
Phebus doroit les cornes du Thoreau
Novelle amour, novelle affection
Pour m'efforcer à degluer les yeulx
Flamme si saincte en son cler durera



Délie (1544, intégral en PDF)

Courte biographie

Renseignements sommaires